Pénaliser financièrement les familles d’enfants violents ne ferait qu’accroître les inégalités

Dans une tribune parue dans le Monde le 28 janvier 2019, Maria Melchior discute de la conséquence néfaste de la pénalisation financière des familles dont les enfants auraient causé des violences. Cette tribune paraît à la suite de la proposition de Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Education sur la responsabilisation des familles et l’accompagnement à la parentalité pour prévenir les violences. Il évoque la possibilité du retrait d’allocations familiales pour les parents qui seraient « complices d’une évolution violente de leurs enfants » a t-il déclaré à des journalistes de l’AFP.

870x489_maxnewsworld146681
Violences scolaires (illustration) © Maxppp – Pascal Brocard

Nous reprenons ici cette tribune intitulée : « Violence à l’école : « pénaliser les familles ne ferait qu’accroître les inégalités » »

A l’inverse de ce qui reste envisagé par le gouvernement, la mesure la plus efficace pour faire diminuer les problèmes de comportement des jeunes consiste à augmenter les ressources des familles, souligne Maria Melchior, épidémiologiste, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. En déclarant, le 11 janvier, que « toutes les pistes sont ouvertes », le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a relancé le débat sur l’éventualité de pénaliser financièrement les familles dont les enfants « sont violents ». Une possibilité qui, par ailleurs, existe déjà par l’intermédiaire du « contrat de responsabilité parentale » figurant dans le code de l’action sociale et des familles. Ce débat n’étant, selon le ministre, « pas encore tranché », il est essentiel de prendre en compte les liens entre la situation socio-économique des familles et le comportement de leurs enfants et adolescents.

Les inégalités sociales vis-à-vis du comportement des jeunes sont établies par les chercheurs en épidémiologie et en psychologie depuis de nombreuses années. Ainsi, les enfants dont les parents sont peu qualifiés, sans emploi, et surtout ceux qui ont des revenus faibles et rencontrent des difficultés financières, ont des niveaux deux à trois fois plus élevés de troubles des conduites, ainsi que d’autres formes de difficultés comme le trouble du déficit de l’attention et de l’hyperactivité (TDAH). En cause : les effets des problèmes matériels sur la capacité des parents à faire face aux besoins de leurs enfants, le stress chronique, sur fond d’insuffisance de structures adaptées au soutien à la parentalité.

DES RECHERCHES PROBANTES

Comme le rappelle un rapport récent du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), en France, trois millions d’enfants (c’est-à-dire un sur cinq) grandissent dans une famille pauvre, la pauvreté étant définie par un revenu mensuel inférieur à 60 % du revenu médian, après impôts et prestations sociales (par exemple : 1 334 euros pour un parent seul avec un enfant de moins de 14 ans, 2 565 euros pour un couple avec deux enfants de plus de 14 ans). Plus de la moitié des familles pauvres en France (1,7 million) sont monoparentales et cumulent souvent les difficultés financières avec d’autres facteurs de précarité, tels que l’isolement relationnel, le renoncement à des prestations et services ou la dépression, qui peuvent grever le développement psychologique des enfants. »

Extrait de Le Monde, Maria Melchior, Violence à l’école : « pénaliser les familles ne ferait qu’accroître les inégalités, 29/01/2019, https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/27/violence-a-l-ecole-penaliser-les-familles-ne-ferait-qu-accroitre-les-inegalites_5415166_3232.html

Le rôle du tabagisme maternel pendant la grossesse dans les inégalités sociales de petit poids de naissance

Environ 5 à 8% des enfants issus d’une grossesse simple naissent avec un petit poids de naissance dans les pays occidentaux, soit avec un poids inférieur à 2500 grammes. (1) Le fait de naître avec un petit poids de naissance augmente le risque de mortalité infantile ainsi que le risque d’un retard de développement et d’une santé fragilisée au cours de la vie. (2) Avoir une situation socioéconomique défavorable fait partie des facteurs augmentant le risque de naître avec un petit poids de naissance. Cela pourrait s’expliquer par des différences de comportements de santé, d’accès aux soins et de connaissances en matière de santé (« health literacy »). Parmi les comportements de santé associés à une situation socioéconomique défavorable, on retrouve le tabagisme, qui a de nombreux effets négatifs sur la santé périnatale.

Continuer à lire … « Le rôle du tabagisme maternel pendant la grossesse dans les inégalités sociales de petit poids de naissance »

Le lien entre le mode de garde et la survenue de symptômes de troubles du comportement chez les enfants.

Nous avions précédemment montré que les parents socio-économiquement défavorisés utilisaient surtout des modes de garde informels (parents, grands-parents, voisins), ne pouvant accéder financièrement aux moyens de garde formels. Cet article étudie le risque de survenue des symptômes de troubles du comportement chez les enfants en fonction de leur mode de garde.

Continuer à lire … « Le lien entre le mode de garde et la survenue de symptômes de troubles du comportement chez les enfants. »

Les bases génétiques de l’intelligence et du niveau de diplôme des personnes : quelles implications en termes de santé publique?

L’intelligence humaine, telle qu’elle est définie la plupart du temps depuis les théories et tests proposés par Alfred Binet, Théodore Simon en France, puis David Wechsler aux Etats-Unis, c’est à dire par des capacités cognitives telles que la mémoire, le raisonnement, la compréhension ou les compétences quantitatives, est prédictive de la scolarité et du niveau de diplôme atteint par les personnes (1, 2). De nombreux facteurs influent sur ce trait à l’échelle individuelle et collective. Si la recherche de facteurs héréditaires liés à l’intelligence remonte au 19ème siècle et aux travaux de Francis Galton qui cherchait à identifier les déterminants d’une intelligence hors normes (3), elle a pris un élan nouveau au cours des dernières années avec la mise à disposition d’outils de criblage génétique et d’analyses statistiques extrêmement puissants.

Continuer à lire … « Les bases génétiques de l’intelligence et du niveau de diplôme des personnes : quelles implications en termes de santé publique? »

Réduire les inégalités de santé chez les personnes LGBTI, le projet Européen « Health4LGBTI »

Les inégalités sociales de santé se réfèrent aux différences en santé, injustes et dues à la situation sociale, qui pourraient être traitées par des politiques publiques. Ces inégalités touchent particulièrement les personnes LGBTI (Lesbiennes, Gays, Bisexuel-le-s, Trans, et Intersexes) à travers les normes culturelles et sociales discriminatoires, et la stigmatisation. Pour ces raisons, l’Europe a lancé le projet « Health4LGBTI » afin de mieux comprendre et de réduire ces inégalités.

Continuer à lire … « Réduire les inégalités de santé chez les personnes LGBTI, le projet Européen « Health4LGBTI » »

Les expositions environnementales contribuent-elles aux inégalités sociales de santé ?

Malgré une amélioration générale de l’état de santé des populations, les individus ne demeurent pas égaux devant la mort et la maladie. Des inégalités de santé existent entre différentes catégories sociales et tendent à s’accroître. Depuis quelques années, les expositions environnementales sont rapportées comme facteurs susceptibles d’expliquer une partie des inégalités sociales de santé suivant deux mécanismes :

  • un différentiel d’exposition : les populations socialement défavorisées seraient plus exposées à certains polluants et/ou à un nombre de polluants plus importants car les sources de pollution ne seraient pas équitablement réparties sur le territoire, et/ou,

  • un différentiel de vulnérabilité : les populations défavorisées seraient plus fragiles et plus vulnérables aux nuisances environnementales à cause de leur condition de vie. Ainsi, à niveau d’exposition identique, les populations plus défavorisées (ou résidant dans des quartiers plus défavorisés) auraient des effets sanitaires plus fréquents, voire plus graves.

C’est précisément dans ce contexte, que la question de la contribution des expositions environnementales aux inégalités sociales de santé s’est posée et constitue depuis plusieurs années un enjeu majeur de santé publique.

Continuer à lire … « Les expositions environnementales contribuent-elles aux inégalités sociales de santé ? »

L’arrêt du tabac chez les adultes en France: de fortes inégalités sociales. Résultats de l’étude représentative « DePICT »

En ce « Moi(s) sans Tabac » lancé depuis 2016 par Santé Publique France, il est utile de faire un point sur le tabagisme et plus particulièrement sur les inégalités sociales face à l’arrêt du tabac chez les adultes en France.

Continuer à lire … « L’arrêt du tabac chez les adultes en France: de fortes inégalités sociales. Résultats de l’étude représentative « DePICT » »